Après les dernières inondations, j’interpelle la maire de Lunel dans une lettre ouverte, avec copie à la préfète de l’Hérault. Au nom du groupe « Lunel c’est vous », je demande une pause immédiate dans les projets immobiliers, une évaluation de leurs conséquences et une véritable consultation des habitants.
Les dernières pluies ont éprouvé les Lunellois. Aux habitants touchés, aux familles inquiètes pour leur logement et leurs biens, je veux d’abord renouveler toute ma solidarité. Je tiens également à saluer la mobilisation des services et des secours.
Mais notre responsabilité d’élus consiste aussi à tirer les enseignements de ces événements. Nous devons nous interroger sur les choix d’aménagement qui engagent durablement notre ville.
Où ira l’eau lorsque les terrains seront imperméabilisés ?
Avenue d’Occitanie, rue de la Camargue, chemin de Sainte-Catherine : les projets immobiliers se multiplient. Au-delà de chaque opération, c’est leur effet cumulé sur nos quartiers qui doit être examiné.
Chemin de Sainte-Catherine, les éléments qui nous sont communiqués font état de trois bâtiments, de plus de 80 appartements et d’environ 140 places de stationnement en sous-sol, sur une parcelle de quelque 10 000 m².
Quelle surface restera réellement en pleine terre ? Quelle sera l’emprise des constructions, des accès et des sous-sols ? Comment les eaux pluviales seront-elles gérées lors de fortes précipitations ? Et que se passera-t-il lorsque les dispositifs de rétention auront atteint leur capacité ?
Si ce terrain devait être imperméabilisé à hauteur de 80 %, où irait l’eau qui peut aujourd’hui s’y infiltrer ou y être temporairement retenue ?
Ces questions appellent des réponses documentées et accessibles à tous. Les riverains doivent pouvoir comprendre les conséquences des projets avant que les transformations deviennent irréversibles.
Un terrain libre n’est pas un terrain inutile. Sa capacité à laisser pénétrer l’eau et à ralentir les écoulements doit pleinement entrer dans les décisions d’urbanisme.
Cinq demandes concrètes à la maire de Lunel
Dans cette lettre ouverte, je formule cinq demandes au nom du groupe Lunel c’est vous :
1. Un moratoire immédiat sur la politique d’urbanisation.
Nous demandons le gel des projets immobiliers en cours, en mobilisant les leviers légalement disponibles pour chaque opération. Pour les projets déjà autorisés, nous demandons un examen de leur situation et des discussions avec leurs porteurs afin d’obtenir une pause et leur réévaluation.
2. Une évaluation hydraulique indépendante et publique.
Elle doit examiner les conséquences de chaque projet et leurs effets cumulés sur le ruissellement, l’infiltration, les réseaux et les propriétés voisines, y compris lorsque les capacités des ouvrages sont dépassées.
3. Une évolution du Plan local d’urbanisme.
Nous demandons d’engager la procédure adaptée pour mieux protéger les sols perméables, préserver les espaces nécessaires à la gestion de l’eau et réexaminer les possibilités de densification dans les secteurs sensibles.
4. Une véritable consultation des populations concernées.
Les habitants doivent avoir accès aux dossiers et pouvoir discuter des projets et de leurs alternatives suffisamment tôt pour peser sur les décisions.
5. Le maintien de l’éclairage public lors des épisodes cévenols.
Un protocole doit prévoir son maintien pendant toute la nuit lorsqu’un épisode susceptible de toucher Lunel est annoncé, afin de faciliter le travail des services, les interventions des secours et les déplacements indispensables des habitants, dans le respect des consignes de sécurité.
Anticiper pour protéger les Lunellois
Nous avons besoin de logements. Nous avons également besoin de quartiers habitables, de sols perméables et d’une population protégée. Ces exigences doivent être pensées ensemble.
Je demande à la maire de rendre publics, sous quinze jours, l’inventaire des opérations concernées, leur état d’avancement et les mesures qu’elle compte prendre.
Les Lunellois n’ont pas à découvrir les conséquences des choix d’urbanisme les pieds dans l’eau.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité de ma lettre ouverte à la maire de Lunel, avec copie à la préfète de l’Hérault.